Communiquer des statistiques à l'occasion de la journée de la femme sur l'inégalité des salaires entre les hommes et les femmes est un exercice périlleux. En effet quand on lit dans certains magazines des phrases chocs du style " Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, l'écart moyen de rémunération entre les hommes et les femmes est aujourd'hui évalué à 22% ", on a envie de se révolter, de crier à l'injustice, de clamer haut et fort que l'on est contre cet état de fait.
Mais que cachent ces chiffres ? Faut-il les prendre "brut de pomme" ? Surtout pas. Le premier réflexe est d'aller sur le site de l'Insee et d'essayer de comprendre. Mais là aussi, il faut reconnaître qu'on reste dans le vague. Dans toutes ces communications, on précise toujours "à fonctions et diplômes équivalents". Certes, il est important de prendre en compte ces similarités pour comparer objectivement les écarts de rémunération. Mais c'est tout de même un peu court. Quid du lieu de travail (Paris/Province), quid de la taille de la société, de l'effectif managé, quid de l'ancienneté, quid des avantages en nature ou autres facilités, etc… Autant de caractéristiques qui ont de près ou de loin une incidence sur les salaires.
Mais avant tout, il est intéressant d'approfondir, d'aller dans le détail. Malgré l'imperfection de ces statistiques, elles présentent toutefois l'avantage d'être analysées dans le temps et de constater ou non un progrès en la matière. Or cet écart tend à se réduire. Cet écart est le plus faible chez les jeunes diplômés qui entrent aujourd'hui sur le marché de l'emploi. Logique quand on sait la difficulté, une fois entré dans une entreprise, de faire revaloriser son salaire.
Enfin, il ne faut pas oublier un élément essentiel du secteur privé. Un salaire se négocie au moment de l'embauche. Pour preuve, les offres d'emploi qui paraissent dans la presse ou sur internet ne mentionnent que rarement la rémunération prévue. Au mieux nous sert-on une fourchette de rémunération. Il n'y a que dans les grands groupes que des grilles de salaires existent véritablement. L'inégalité observée peut donc très bien découler d'une négociation plus ou moins bien menée au moment de l'embauche. De la même manière, les primes de fin d'année sont liées au mérite et à l'atteinte ou la non atteinte d'objectifs. Elles font considérablement varier les rémunérations.
Mardi, Jacques Chirac se déclarait pour une loi visant à obliger les entreprises à se pencher sur le problème de l'inégalité de salaires entre hommes et femmes. Vœu pieu, démarche sûrement un peu démago, mais projet d'une rare complexité dont l'application est loin d'être évidente. Espérons que la Ministre de la Parité et de l'égalité Nicole Ameline soit inspirée…
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