Hausse des salaires cadres en 2007 par secteur d'activité

Salaires2stockfree Selon le ministère du Travail, les salaires ont progressé de 2,6% l'an dernier. Mais ce chiffre cache de profondes disparités. Ainsi pour les cadres, les secteurs ayant le plus augmenté les salaires sont :

¤ Le BTP

¤ L'immobilier

¤ La chimie / Pharmacie

Les secteurs ayant le moins récompensé leurs salariés cadres sont :

¤ Culture et communication

¤ Commerce principalement alimentaire

¤ Secteur sanitaire et social

Pour avoir le détail, cliquez sur le tableau ci dessous

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Adjugé, recalé !

Souvenez vous en novembre dernier, Jobdealer.net défrayait la chronique. Son concept, déclinaison française d'un site allemand, était de proposer des offres d'emploi mises aux enchères inversées. En somme, le candidat qui proposait le salaire le plus bas remportait le poste. Et bien son avenir semble bien compromis suite à l'action de la parlementaire UMP Nathalie Kosciusko-Morizet qui, profitant du projet de loi sur l'égalité des chances, a fait adopter un amendement pour règlementer ce genre de pratiques.

Le texte dit que "l'employeur ne peut se prévaloir des stipulations d'un contrat de travail conclu à l'issue d'enchères inversées portant sur le montant du salaire". Le projet de loi passé en force à coups de 49.3 doit encore être examiné par le Sénat mais cela n'est plus qu'une formalité.

Jobdealer saura-t-il rebondir ?

35 heures et pouvoir d'achat

Partage du travail, tel était l'idée que sous entendait la loi sur le passage aux 35 heures. Mais qui dit partage du travail dit également partage du pouvoir d'achat !

Pour nombre de salariés, le passage aux 35 h s'est accompagné du gel de leurs salaires (tant dans le privé que dans le public). Inadmissible ?

Pas forcément. Mettons nous 5 minutes dans la peau d'un employeur. Imaginons que j'emploie une femme de ménage qui officie 3 heures par semaine dans mon appartement. Je la rémunère 30 € (10 € de l'heure). Imaginons ensuite qu'on me dise " à partir de maintenant, elle ne travaillera plus que 2h30 mais continuera à être payée 30 € ", je vais tout sauf m'en réjouir. En revanche, ma femme de ménage va dans un premier temps s'en féliciter. Cela équivaut à une augmentation de 20% de sa rémunération horaire !

En fin d'année, imaginons à nouveau que cette dernière me réclame une augmentation. Je ne vais sûrement pas accepter sa demande. Et elle peut renouveler cette requête au cours des 5-6 prochaines années, je lui refuserais encore. 20% d'augmentation sans changer d'employeur ni de fonction, cela n'est pas courant... d'autant plus que pour compenser la demie heure perdue (qu'elle consacrait au repassage), j'ai du embaucher une autre femme de ménage (1/2 h par semaine à 5€). Si cette dernière me demande également une augmentation, elle obtiendra d'ailleurs une réponse identique.

Résultat de l'opération :
Une prestation qui me coûtait 30 € me coûtent désormais 35 € (+16%). J'ai effectivement embauché une nouvelle personne. Il y a donc bien eu partage du travail. Mais je compte bien répercuter les frais supplémentaires engendrés en "gelant" les rémunérations de mes 2 employées pendant plusieurs années. Il y a donc aussi partage du pouvoir d'achat. Ce que je donne pas à l'une sous forme d'augmentation, je le verse à l'autre sous forme de salaire.

Car il ne faut pas se leurrer. Ma première femme de ménage travaille moins, certes, sa rémunération horaire augmente donc automatiquement. Mais il n'en reste pas moins qu'à la fin de la semaine, sa rémunération reste inchangée à 30€. Et cela pour quelques années encore. Or, parallèlement, le coût de la vie augmente tous les ans. On appelle cela l'inflation.

Une petite nuance est néanmoins à apporter à cet exemple. En effet, la perte de pouvoir d'achat des ménages n'a pas été aussi immédiate. Les 35 heures ont été appliquées à partir de février 2000. La France connaissait alors un bon taux de croissance. Les effets "gel des salaires" ne se sont donc pas trop fait sentir, les entreprises "ayant les moyens" de supporter financièrement cette réforme. Lorsque la tendance s'est renversée à partir de 2001 et que la France s'installait dans la morosité économique, non seulement les entreprises ont gelé les salaires, mais elles ont également procédé à de nombreux licenciements... Aujourd'hui, alors que s'esquisse une reprise fragile et incertaine, les salariés du public comme du privé réclament dans la rue une revalorisation de leurs rémunérations. Et là, il n'est plus question de partage...


Inégalité des salaires hommes/femmes

Communiquer des statistiques à l'occasion de la journée de la femme sur l'inégalité des salaires entre les hommes et les femmes est un exercice périlleux. En effet quand on lit dans certains magazines des phrases chocs du style " Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, l'écart moyen de rémunération entre les hommes et les femmes est aujourd'hui évalué à 22% ", on a envie de se révolter, de crier à l'injustice, de clamer haut et fort que l'on est contre cet état de fait.

Mais que cachent ces chiffres ? Faut-il les prendre "brut de pomme" ? Surtout pas. Le premier réflexe est d'aller sur le site de l'Insee et d'essayer de comprendre. Mais là aussi, il faut reconnaître qu'on reste dans le vague. Dans toutes ces communications, on précise toujours "à fonctions et diplômes équivalents". Certes, il est important de prendre en compte ces similarités pour comparer objectivement les écarts de rémunération. Mais c'est tout de même un peu court. Quid du lieu de travail (Paris/Province), quid de la taille de la société, de l'effectif managé, quid de l'ancienneté, quid des avantages en nature ou autres facilités, etc… Autant de caractéristiques qui ont de près ou de loin une incidence sur les salaires.

Mais avant tout, il est intéressant d'approfondir, d'aller dans le détail. Malgré l'imperfection de ces statistiques, elles présentent toutefois l'avantage d'être analysées dans le temps et de constater ou non un progrès en la matière. Or cet écart tend à se réduire. Cet écart est le plus faible chez les jeunes diplômés qui entrent aujourd'hui sur le marché de l'emploi. Logique quand on sait la difficulté, une fois entré dans une entreprise, de faire revaloriser son salaire.

Enfin, il ne faut pas oublier un élément essentiel du secteur privé. Un salaire se négocie au moment de l'embauche. Pour preuve, les offres d'emploi qui paraissent dans la presse ou sur internet ne mentionnent que rarement la rémunération prévue. Au mieux nous sert-on une fourchette de rémunération. Il n'y a que dans les grands groupes que des grilles de salaires existent véritablement. L'inégalité observée peut donc très bien découler d'une négociation plus ou moins bien menée au moment de l'embauche. De la même manière, les primes de fin d'année sont liées au mérite et à l'atteinte ou la non atteinte d'objectifs. Elles font considérablement varier les rémunérations.

Mardi, Jacques Chirac se déclarait pour une loi visant à obliger les entreprises à se pencher sur le problème de l'inégalité de salaires entre hommes et femmes. Vœu pieu, démarche sûrement un peu démago, mais projet d'une rare complexité dont l'application est loin d'être évidente. Espérons que la Ministre de la Parité et de l'égalité Nicole Ameline soit inspirée…

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