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Beaucoup de bruit pour rien...

Beaucoup de bruit pour rien... enfin pour pas grand chose, pour le CPE quoi...

C'est la naïveté de la jeunesse qui est dans la rue. Des jeunes, étudiants de facultés, véritables usines à fonctionnaires, qui ne seront sans doute même pas concernés par ce type de contrat.

Il existe une échelle dans la précarité. Et le CPE figure finalement à peu près au même niveau que le CDD. Ce n'est pas extraordinaire, je le conçois, mais c'est toujours mieux que le RMI et le chômage.

Naîveté de la jeunesse... Je rectifie. Naïveté tout court. Lorsque j'étais étudiant en 94, je n'ai pas manifesté contre le CIP de Baladur. Mais je n'ai pas connu la Fac, ceci explique sans doute cela. Le CIP n'est pas passé, le CPE n'a pas plus de chance de passer. On rejette sans même essayer. Sans même remanier. C'est rien ou rien.

Ce qui est dommage, dans tout ce brouhaha politico-syndico-étudiant, c'est qu'on n'entend pas les 1ers concernés : les jeunes diplômés sans emploi et les chômeurs (plus concernés par le CNE). Car qui peut mieux parler de précarité que ceux qui la vivent pleinement. Cette discrétion n'est pas étonnante chez des personnes qui sont provisoirement "désocialisées". On ne les entend pas alors écoutez-les !

Viticulture privée ou assistée ?

Les viticulteurs français semblent avoir trouvé la solution pour sortir de la crise qui frappe leur secteur : frapper, et fort, à la porte de l'état. Ils ont ainsi, hier, dans l'Hérault, incendié des véhicules de gendarmerie et vidé des cuves de vins étrangers chez des négociants de la région. Une manière pour eux de dénoncer le manque de soutien des pouvoirs publics, des négociants et des grandes surfaces dans la crise qu'ils traversent.

Mais de quelle crise parle-t-on ? Elle est avant tout française. Les vins californiens, australiens, italiens, espagnols et même allemands connaissent un franc succès, sur leurs marchés intérieurs mais également à l'exportation. Au plan international, les vins français ne cessent donc de perdre des parts de marché chaque année. Il faut dire qu'en dehors de l'Europe, les consommateurs de vin ne comprennent rien aux indications de marques et de châteaux qui pullulent en France et les labels du type AOC ne leur parlent pas. A l'export, il faut annoncer le cépage.

Les Français sont culturellement de gros consommateurs de vin. Une chance pour les viticulteurs, pour qui un important marché intérieur peut compenser la perte de débouchés à l'export. Seulement depuis plusieurs années, la consommation de vin en France ne cesse de baisser. C'est principalement le nombre de consommateurs réguliers qui a diminué. Les habitudes de consommation du vin ont changé, les jeunes générations privilégiant la dégustation occasionnelle et festive de vins de qualité. Les viticulteurs les plus touchés sont donc les producteurs de vins de pays et de vin de table. Ceux-là même qui manifestaient hier dans l'Herault.

Les ventes baissent, les stocks explosent, les prix de vente s'effondrent... Jusque là rien de nouveau, c'est la loi de l'offre et de la demande. Dans une telle situation de surproduction, le marché devrait se réguler tout seul. Les exploitations les moins rentables devraient péricliter et à terme la production retrouver des niveaux à même de redresser les prix. Mais certains viticulteurs, plutôt que de mettre la clé sous la porte ou de rationaliser leur exploitation, se tournent vers l'Etat pour lui demander de l'aide... et ainsi prolonger leur lente agonie.
L'Etat indemnise donc la destruction d'hectares de vigne pour réduire la production nationale. L'Etat casse sa tirelire et débloque des aides financières pour les viticulteurs endettés, procède à des aménagements fiscaux, ... mais les producteurs ne revoient pas leur modèle économique pour autant.
L'Etat lance des campagnes de promotion du vin français au Royaume Uni, aux Etats Unis et au Canada. Mais les AOC perdurent et l'offre française ne s'est toujours pas adaptée aux besoins de ces consommateurs spécifiques. Un coup d'épée dans l'eau...

L'Etat soigne la filière vinicole avec des pansements alors que l'hémorragie est interne. La réforme doit venir de l'intérieur et doit être entreprise par une union "sacrée" des viticulteurs, soutenu par les pouvoirs publics. Il faut repenser le vin français, mieux satisfaire la demande et ne plus s'arcbouter sur un modèle dépassé qui survit sous perfusion publique. Et l'Etat ne devrait pas oublier non plus qu'une exploitation viticole est une entreprise privée, que les règles de la libre concurrence s'y appliquent et qu'il est dans ce contexte normal qu'il y ait des gagnants et des perdants. Et qu'il est inadmissible de laisser les mauvais perdants commettre de tels actes de vandalisme comme on a pu le voir hier.

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