La grève des stagiaires aura-t-elle lieu ?
L’acquisition de compétences peut compenser la non rétribution d’un stage. Car, une fois les compétences acquises, le stagiaire est susceptible d’être embauché. Ce contrat donnant-donnant
entre employeurs et stagiaires a bien fonctionné jusqu’à présent. Mais dans un contexte de rentabilité à outrance, le stagiaire est devenu une main d’œuvre qualifiée bon marché que l’on emploie sans perspective d’embauche. C’est ainsi que des postes permanents en entreprise se retrouvent occupés par des stagiaires qui y défilent tout au long de l’année. Inquiets de cette dérive, plusieurs stagiaires ont manifesté le 1er novembre dernier à Paris, porteurs de banderoles et pancartes aux messages amers "Génération stagiaire, génération précaire", "Formation oui, exploitation non" ou encore "En solde, 30 % du smic",
La rétribution des stagiaires est facultative, au bon vouloir de l’employeur. Elle ne peut toutefois excéder 30% du SMIC, auquel cas elle devient soumise aux charges patronales habituelles. Et ce quel que soit l’âge, le diplôme et la durée du stage.
La précarité du statut de stagiaire se trouve également renforcée par le fait que l’employeur peut mettre un terme au stage plus tôt que prévu sans procédure particulière.
On comprend mieux ainsi pourquoi les stagiaires ont manifesté masqués le 1er novembre dernier devant les locaux du Medef. Leur appel à une grève générale des stagiaires au niveau national le jeudi 24 novembre sera-t-il entendu ? Car contrairement au 1er novembre, le jeudi est un jour ouvré et prendre le risque de s’absenter de son lieu de travail ce jour là et de se faire remarquer dans les médias n’est pas anodin quand on est aussi peu protégé.
L'avenir nous le dira



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